GENRE LITTERAIRE 2

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GENRE LITTERAIRE 2

Message  orecan27 le Mer 3 Déc - 22:51

DRAMATIQUE

Approche du genre : le bas-latin drama (action) est à l'origine de l'adjectif, qui désigne très généralement toute œuvre théâtrale. Il prend néanmoins un sens particulier avec l'apparition du drame. Né au début du XVIII° siècle du déclin de la tragédie et de l'observation des mœurs à laquelle s'est vouée la comédie, le drame se compose de deux sous-genres : le drame bourgeois et le drame romantique. Dans les deux cas, le ressort tragique du fatum a disparu : les personnages manifestent leur liberté, et le dénouement, souvent malheureux, n'est dû qu'à des facteurs humains. Le mélange des registres (tragique, sublime, grotesque, pathétique) satisfait au désir de vraisemblance.
Formes dominantes :
Types de texte : théâtral, prose ou poésie.
Le drame bourgeois (XVIII° siècle) est né d'une contestation de la tragédie. Il se caractérise par un décor familial où se nouent des intrigues domestiques. Toujours écrit en prose, il force la note pathétique (comédie larmoyante de Nivelle de La Chaussée) et moralisatrice (Diderot, Le Fils naturel ; Sedaine, Le philosophe sans le savoir). Plus que par les caractères, le drame bourgeois est intéressé par les conditions sociales et prône des vertus citadines : mesure, tolérance, vertu. Il partage avec le genre plus populaire du mélodrame le goût des coups de théâtre.
Le drame romantique est issu de l'admiration partagée en Europe, dès la fin du XVIII° siècle, pour le théâtre élisabéthain (Shakespeare). Le sujet en est souvent historique (Hugo, Les Burgraves ; Musset, Lorenzaccio), pour lequel les auteurs soignent la couleur locale. La contestation des unités de temps et de lieu, et le mélange des genres (sublime et grotesque) souhaitent se conformer à la vie même. Les personnages manifestent des tempéraments nobles et passionnés (Vigny, Chatterton) qui les confrontent à un monde souvent trop étroit pour eux. Pour exprimer ce conflit, les registres peuvent aller jusqu'au lyrisme ou à l'épopée (Hugo, Ruy Blas). Ce type de drame, destiné dans certains pays d'Europe à exalter des valeurs nationales, reflète les conceptions majeures du Romantisme : révolution sociale, triomphe du cœur sur la raison, désespoir existentiel.
le drame moderne : à partir de la fin du XIX° siècle, le drame revient à des sujets sociaux, souvent anti-bourgeois (H. Becque, Les Corbeaux ; J. Anouilh, Le voyageur sans bagage), voire politiques (Sartre, Les mains sales). Il peut au contraire allier au goût de l'absurde une réflexion métaphysique (Beckett, En attendant Godot ; Ionesco, Le Roi se meurt).
Textes théoriques :
D. Diderot : Entretiens sur Le Fils naturel - Beaumarchais : Essai sur le genre dramatique sérieux - Mme de Staël : De l'Allemagne - Stendhal : Racine et Shakespeare - V. Hugo : Préface de Cromwell - B. Brecht : Écrits sur le théâtre.
Exemple :
le drame romantique : voyez l'extrait de Lorenzaccio d'A.de Musset, étudié dans le cadre de la lecture méthodique du texte théâtral.

ÉPIQUE

Approche du genre : le mot épopée est issu du grec epos, parole, et poiein, faire. L'épopée consiste donc à raconter, et il est probable que les premiers récits présentaient tous les caractères du genre épique : narration d'un haut fait devenu légendaire, nimbé d'éléments merveilleux et dont le héros, à la valeur surhumaine, entre en conflit avec des forces gigantesques dont il triomphe, fût-ce dans la défaite. Ce personnage, toujours masculin, est porteur d'une morale destinée à exalter une collectivité (famille, nation) ou symboliser la grandeur humaine.
Formes dominantes :
Types de texte : poétique, narratif, descriptif.
la focalisation 0 permet de confronter les forces en présence et favorise les plans d'ensemble.
la syntaxe est marquée par la longue phrase cadencée, qui, en poésie, multiplie les coupes et les enjambements, et, dans la prose, privilégie l'énumération.
l'énormité des actions et la valeur des héros sont exprimées par l'hyperbole, les évaluatifs mélioratifs.
l'abondance des métaphores achève de transfigurer le réel, auquel elle confère une puissance sacrée (animisme, merveilleux).
Textes théoriques :
Aristote : Poétique - Voltaire : Essai sur la poésie épique - V. Hugo : Préface de Cromwell - Hegel : Esthétique - N. Frye : Anatomie de la critique - B. Brecht : Écrits sur le théâtre.
Œuvres caractéristiques :
Épopée : Iliade et Odyssée (Homère), Énéide (Virgile), La Chanson des Nibelungen, Les Martyrs (Chateaubriand), Les Tragiques (A. d'Aubigné), La Henriade (Voltaire). Ces œuvres se caractérisent par une unité d'action qui commande l'organisation autour d'une geste guerrière. On pourrait y ajouter les grandes œuvres poétiques issues du Romantisme : La Légende des siècles et Châtiments de V. Hugo ; Jocelyn de Lamartine.
Chanson de geste : le mot geste est issu du pluriel latin gesta (exploits). Il s'agit bien d'épopées, telle La Chanson de Roland. Cette dénomination est sans doute d'origine carolingienne, les chansons évoquant les exploits guerriers étant alors regroupées en cycles, ou gestes.
Roman : Nombre de romans touchent au registre épique, parfois héroï-comique (Rabelais, Gargantua). Le roman historique, notamment, (Notre-Dame de Paris de V. Hugo, dont il faudrait citer ici tous les romans) et même le roman naturaliste (E. Zola, L'Assommoir) touchent à l'épique en brossant de larges fresques. On pourra toutefois s'interroger sur la viabilité du genre épique dans le roman (voir notre article à propos de La Chartreuse de Parme de Stendhal).
Récit historique : Le tempérament de certains historiens (J. Michelet, Histoire de France) soulève leur récit d'un souffle épique qui donne à certains épisodes une dimension mythologique.
Théâtre épique : B. Brecht a appelé ainsi un théâtre qui refuse l'illusion et prône l'attitude critique du spectateur (la distanciation). Morcelée en tableaux discontinus, la pièce s'intéresse à un personnage problématique confronté à une situation socio-historique, par rapport auquel le spectateur est invité à la réflexion politique (La vie de Galilée).
Exemple :
L'expiation, où V. Hugo évoque la bataille de Waterloo (Châtiments).
La plaine, où frissonnaient les drapeaux déchirés,
Ne fut plus, dans les cris des mourants qu'on égorge,
Qu'un gouffre flamboyant, rouge comme une forge ;
Gouffre où les régiments, comme des pans de murs,
Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs
Les hauts tambours-majors aux panaches énormes,
Où l'on entrevoyait des blessures difformes !
Carnage affreux ! moment fatal ! L'homme inquiet
Sentit que la bataille entre ses mains pliait.
Derrière un mamelon la garde était massée.
La garde, espoir suprême et suprême pensée !
- Allons ! faites donner la garde ! - cria-t-il.
Et, lanciers, grenadiers aux guêtres de coutil,
Dragons que Rome eût pris pour des légionnaires,
Cuirassiers, canonniers qui traînaient des tonnerres,
Portant le noir colback ou le casque poli,
Tous, ceux de Friedland et ceux de Rivoli,
Comprenant qu'ils allaient mourir dans cette fête,
Saluèrent leur dieu, debout dans la tempête.
Leur bouche, d'un seul cri, dit : Vive l'empereur !
Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,
Tranquille, souriant à la mitraille anglaise,
La garde impériale entra dans la fournaise.


ÉPISTOLAIRE

Approche du genre : l'adjectif provient du latin epistula (lettre). Le genre épistolaire est très répandu dans l'Antiquité (Sénèque, Lettres à Lucilius) et a constitué jusqu'à nos jours un élément indispensable de la vie intellectuelle. La lettre a permis aux écrivains d'agir (Voltaire), de se dévoiler de manière plus intime (Balzac) ou d'exposer leur esthétique (Flaubert), nous donnant ainsi de précieux documents sur l'élaboration de leur œuvre.
Formes dominantes :
Types de discours : narratif, descriptif, argumentatif.
Fonctions expressive et impressive très marquées (je > tu, vous) qui peuvent exprimer la confidence, l'échange intellectuel, la requête ou le simple badinage.
Œuvres caractéristiques :
Correspondance (Mme de Sévigné, Voltaire, Flaubert, Van Gogh : Lettres à Théo).
Épître : Lettre en vers portant à l'origine sur un sujet moral ou philosophique (Horace : Épître aux Pisons, Boileau) puis sur des sujets variés (Marot,Voltaire).
Roman épistolaire : Il peut être constitué des lettres d'un seul personnage (Guilleragues : Lettres de la Religieuse portugaise), mais prend tout son sens lorsqu'il repose sur un échange de correspondance (Montesquieu : Lettres persanes , Rousseau : La Nouvelle Héloïse, Choderlos de Laclos : Les Liaisons dangereuses). Le procédé permet au lecteur d'être proche de la subjectivité des personnages et de bénéficier de plusieurs éclairages.
Lettre ouverte : lettre rendue publique après avoir réellement atteint un destinataire (Voltaire : Lettre à Rousseau ; R.M. Rilke : Lettre à un jeune poète), ou publiée, par-delà celui-ci (qui peut être fictif), à l'intention de tous les lecteurs (B. Pascal : Provinciales ; E. Zola : J'accuse). Elle rejoint ainsi le genre polémique.
Exemples :
voyez les extraits des Lettres persanes ou des Liaisons dangereuses, cités dans notre étude de ces romans, et notre classement des types de lettres dans le chapitre "Travaux d'écriture".

LYRIQUE

Approche du genre : le mot lyrisme est issu du mot lyre, en raison du rôle joué par cet instrument (c'est celui d'Apollon et d'Orphée) dans l'accompagnement musical. Il caractérise l'expression poétique des émotions, et c'est à ce titre qu'on peut appeler thèmes lyriques le sentiment de la Nature, l'amour et l'amitié, la mélancolie, l'effroi devant la mort, l'adoration religieuse... Hugo définit comme lyriques les temps primitifs : «la première parole de l'homme n'est qu'un hymne : la prière est toute sa religion, l'ode est toute sa poésie.»
Formes dominantes :
Types de texte : poétique, descriptif, narratif.
Le registre lyrique se caractérise par une fonction expressive très marquée (prédominance du vocabulaire affectif, interrogations, exclamations, invocations).
Importance des figures de style qui expriment l'accord avec le monde (métaphores, animisme, personnifications).
Rythme de la phrase ou du vers (cadences, coupes), soucieux de musicalité.
Œuvres caractéristiques :
l'ode est vouée à une poésie morale ou philosophique (Ronsard),
l'élégie à la poésie amoureuse et à la plainte (Goethe, Élégies nationales ; Rilke, Élégies de Duino),
les psaumes (Marot, Malherbe) et les hymnes (Ronsard) à la célébration ;
la méditation (Lamartine) et la contemplation (Hugo), sont presque devenus des genres, caractéristiques de l'esprit romantique ;
la chanson (G. Brassens, J. Brel, L. Ferré) décline aujourd'hui les grands thèmes lyriques.
Exemples :
voyez les poèmes de nos groupements de textes "Le discours du carpe diem" et "Inspiration mythologique au XVI° siècle", ou encore les poèmes de Jules Laforgue, rassemblés sous la problématique "Héritage et modernité".

orecan27

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Date d'inscription : 01/12/2008

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