GENRE LITTERAIRE 3

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GENRE LITTERAIRE 3

Message  orecan27 le Mer 3 Déc - 22:52

MERVEILLEUX ET FANTASTIQUE

Approche du genre : la distinction entre merveilleux (du latin mirabilia, choses admirables) et fantastique (du grec phantasia, imagination) tient au statut différent du personnage à l'égard d'événements qui, dans les deux cas, relèvent du surnaturel. Dans le merveilleux, une cohérence parfaite s'installe entre le personnage et l'univers dans lequel il évolue, alors que dans le fantastique, le personnage est terrifié par l'apparition de phénomènes qu'il perçoit comme étranges. Quand le merveilleux propose au lecteur un monde féerique où rien ne doit l'étonner, le registre fantastique le laisse dans une perpétuelle hésitation : doit-il reconnaître l'évidence du phénomène surnaturel ou se conforter dans son rationalisme ?
Formes dominantes :
Types de texte : narratif, descriptif, poétique, théâtral.
Textes théoriques :
V. Propp : Morphologie du conte - B. Bettelheim : Psychanalyse des contes de fées - M. Soriano : Les contes de Perrault - R. Caillois : Images, images... - T. Todorov : Introduction à la littérature fantastique.
Œuvres caractéristiques :
Conte de fées : déjà présent sous cette forme dans les fables milésiennes (Apulée : L'Ane d'or), le conte de fées présente souvent des personnages populaires secourus par une aide magique (Perrault, Grimm, Andersen).
Féeries : partie intégrante de la fable ou du conte philosophique, la féerie crée un univers enchanteur, dans le cadre du divertissement (comédie-ballet) ou de l'éducation morale : Ch. Nodier, Trilby ; J. Giraudoux, Ondine.
Romans gothiques : à l'origine du fantastique, ils sont considérés par André Breton comme l'expression profonde des secousses morales et politiques du XVIII° siècle : C.R. Maturin (Melmoth ou l'Errant), M.G. Lewis (Le Moine), H. Walpole (Le Château d'Otrante), M. Shelley (Frankenstein), B. Stoker (Dracula).
Le roman fantastique s'est plu, à partir du XVIII° siècle (J. Cazotte, Le Diable amoureux), à déranger les mentalités rationalistes modernes en cultivant l'étrange à partir de thèmes récurrents (pactes avec le diable, vampires, fantômes...) et d'une écriture habile, propre à maintenir l'incertitude et fortifier l'identification du lecteur avec le personnage : P. Mérimée, La Vénus d'Ille ; G. de Maupassant, Le Horla ; Villiers de l'Isle-Adam, Contes cruels.
Science-fiction : elle se caractérise par la rêverie engendrée par la curiosité scientifique. Elle prend la forme du voyage imaginaire (Cyrano de Bergerac, Voltaire : Micromégas) ou de l'anticipation (J. Verne, A. Huxley, G. Klein). Soucieuse de rationalité, mais cultivant l'angoisse, la science-fiction tient à la fois du merveilleux et du fantastique.
Exemple :
premier indice du genre fantastique dans un roman qui, jusque là, baignait dans la féerie (Boris Vian : L'écume des jours, XX) :
- Ca va ? dit Colin.
- Pas encore, dit Chick.
Pour la quatorzième fois, Chick refaisait le nœud de cravate de Colin, et ça n'allait toujours pas.
- On pourrait essayer avec des gants, dit Colin.
- Pourquoi ? demanda Chick. Ca ira mieux ?
- Je ne sais pas, dit Colin. C'est une idée sans prétention.
- On a bien fait de s'y prendre en avance ! dit Chick.
- Oui, dit Colin. Mais on sera quand même en retard si on n'y arrive pas.
- Oh ! dit Chick. On va y arriver.
Il réalisa un ensemble de mouvements rapides étroitement associés et tira les deux bouts avec force. La cravate se brisa par le milieu et lui resta dans les doigts.
- C'est la troisième, remarqua Colin, l'air absent.
- Oh ! dit Chick. Ca va... je le sais...
Il s'assit sur une chaise et se frotta le menton d'un air absorbé.
- Je ne sais pas ce qu'il y a, dit-il.
- Moi non plus, dit Colin. Mais c'est anormal.
- Oui, dit Chick, nettement. Je vais essayer sans regarder.
Il prit une quatrième cravate et l'enroula négligemment autour du cou de Colin, en suivant des yeux le vol d'un brouzillon, d'un air très intéressé. Il passa le gros bout sous le petit, le fit revenir dans la boucle, un tour vers la droite, le repassa dessous, et, par malheur, à ce moment-là, ses yeux tombèrent sur son ouvrage et la cravate se referma brutalement, lui écrasant l'index. Il laissa échapper un gloussement de douleur.
- Bougre de néant ! dit-il. La vache !
- Elle t'a fait mal ? demanda Colin compatissant.
Chick se suçait vigoureusement le doigt.
- Je vais avoir l'ongle tout noir ! dit-il.
- Mon pauvre vieux ! dit Colin.
Chick marmotta quelque chose et regarda le cou de Colin.
- Minute !... souffla-t-il. Le nœud est fait !... Bouge pas !...
Il recula avec précaution sans le quitter des yeux et saisit sur la table, derrière lui, une bouteille de fixateur à pastel. Il porta lentement à sa bouche l'extrémité du petit tube à vaporiser et se rapprocha sans bruit. Colin chantonnait en regardant ostensiblement le plafond.
Le jet de pulvérin frappa la cravate en plein milieu du nœud. Elle eut un soubresaut rapide, clouée à sa place par le durcissement de la résine.
© J.J. Pauvert

orecan27

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Date d'inscription : 01/12/2008

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